Entrevue avec sœur Joanne Pundyk : près de 40 ans d’engagement et de solidarité au Brésil

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Sœur Joanne Pundyk, snjm, œuvre au Brésil depuis 1987. Elle est l’une des cinq sœurs de la congrégation des SNJM ayant fondé le Centro Social Madre Maria Rosa. Situé dans la ville de Maceió, le centre dessert la communauté en offrant des programmes éducatifs et récréatifs pour les enfants et les adolescents (âgés de 7 à 14 ans), des cours d’artisanat ainsi que des initiatives d’alphabétisation pour adultes.

La mission du centre consiste à donner les moyens d’agir aux personnes en situation de vulnérabilité par le biais du développement intégral, de la solidarité active et d’un plaidoyer visant à transformer les systèmes injustes pour garantir la dignité humaine. Cette mission englobe également le soutien aux personnes touchées par la traite des personnes, un enjeu majeur dans la région.

D’un point de vue brésilien, comment décririez-vous la situation actuelle de la traite des personnes ?

Le problème de la traite des personnes demeure un fléau qui porte atteinte aux valeurs humaines et spirituelles du peuple brésilien. Il se manifeste aux niveaux local, national et international. Ce phénomène est directement lié à l’appauvrissement, aux inégalités de genre et au mépris total de la dignité humaine. Un pourcentage important de personnes prises dans les filets de la traite provient des régions du nord et du nord-est du pays — les zones qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans la précarité.

Sur une note plus positive, il existe un plan national du gouvernement fédéral, qui en est à sa quatrième édition, pour lutter contre la traite des personnes et inciter la population à signaler les situations de traite. Des réseaux de la société civile, tels que Rede Um Grito Pela Vida, participent directement aux efforts de prévention et d’éradication de ce phénomène.

En ce qui concerne les efforts pour contrer la traite des personnes, quelle est selon vous la principale réussite du Centro Social Madre Maria Rosa ?

Le Centro Social Madre Maria Rosa — situé à Maceió, sur la côte nord-est du Brésil, une ville qui accueille près d’un million de touristes par an — est un refuge sûr pour les enfants, les adolescents et les femmes vivant à la périphérie de la ville. En matière de traite, nous avons réussi à sensibiliser la population à la nature de ce crime, son mode de fonctionnement, ses conséquences et notre responsabilité de signaler les cas suspects. L’éducation est un élément vital de la prévention, et la prévention sauve des vies.

Quelle a été votre plus grande source de satisfaction après toutes ces années consacrées à aider les jeunes ? Qu’est-ce qui vous pousse à poursuivre votre mission au Brésil ?

Je suis heureuse que, grâce à une équipe de personnes dévouées, nous ayons pu offrir un lieu sûr aux enfants, aux femmes et à leurs familles pour reconnaître leur dignité, développer leurs talents et assumer leur rôle dans leur communauté. Les gens savent que nous sommes là pour eux ; ils deviennent ainsi des « multiplicateurs » de ce qu’ils ont appris au centre.

Je continue de vivre ma mission au Brésil parce que j’y suis appelée ; c’est une vocation. Je ressens beaucoup de bonheur et de paix à faire partie d’un groupe de personnes qui sont des signes d’espoir face aux défis et aux obstacles auxquels nous faisons face. L’amour et la résilience de mère Marie-Rose sont pour moi une source d’inspiration constante.