Béatification

Mère Marie-Rose Durocher a été béatifiée le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II à la suite d’un long processus comportant plusieurs étapes qui a débuté en 1927.

L’introduction de la cause effectuée par le postulateur à Rome et le vice-postulateur à Montréal a lancé la démarche. Le 9 novembre 1927, une première enquête diocésaine est ouverte à Montréal par l’archevêque Paul Bruchési. Lorsqu’un évêque ouvre une cause de canonisation, la personne concernée est automatiquement désignée sous le vocable de « servante de Dieu ».

Le pape Paul VI désigne le 7 novembre 1972 la cause valable et utile à la chrétienté. S’ensuit le procès apostolique à Montréal et à Rome, le procès du miracle à Windsor en 1972, l’héroïcité des vertus avec l’émission du décret du Souverain pontife le 13 juillet 1979, désignant désormais mère Marie-Rose Durocher « vénérable ».

Le 8 janvier 1981, deux médecins experts et une commission de sept médecins reconnaissent le miracle attribué à la vénérable Marie-Rose Durocher. En janvier 1982, le pape Jean-Paul II émet un décret et confirme la reconnaissance du miracle menant finalement à la béatification officielle le 23 mai 1982, sous l’appellation bienheureuse Marie-Rose Durocher.

Le processus pour que la personne bienheureuse soit proclamée sainte et voir ainsi son culte devenir universel exige la reconnaissance d’un deuxième miracle, obtenu après la béatification. Les étapes d’examen et d’analyse des procès antérieurs et du miracle devront être  à nouveau franchies pour amener à la déclaration solennelle du Souverain pontife.

Le Centre Marie-Rose a entre autres pour mission de faire connaître la fondatrice des SNJM et de promouvoir sa dévotion. Il recueille les demandes de prières et d’intercession et recense les commentaires et remerciements des personnes priant Marie-Rose Durocher.

Le miracle

Le 11 juillet 1946, vers 20 h 30, Monsieur Benjamin Modzel, ouvrier de la compagnie International Detrola Corporation de Détroit au Michigan, travaillait à décharger un camion quand, à la suite d’une fausse manœuvre du conducteur, il fut écrasé et violemment pressé contre un mur pendant plusieurs secondes : toute la région de l’estomac et de l’abdomen fut gravement atteinte.

Au Detroit General Hospital où il est transporté, on constate la gravité de son état ; l’aumônier lui donne une absolution générale et lui administre l’extrême-onction. Vers 23 h 30, un chirurgien assisté de quatre médecins tente une opération sous la supervision du chirurgien en chef de l’hôpital. Après trois heures de travail, craignant une mort imminente, les médecins sont forcés d’interrompre l’opération. Le chirurgien informe la famille de l’état désespéré du patient : il n’y a rien à faire. Puis la compagnie d’assurances est aussi avertie.

Dans les bureaux de l’International Detrola Corporation travaillait alors Mlle Rose Marie Schnell. Ancienne élève de St. Mary’s Academy, à Winnipeg, elle avait appris, par ses professeurs, à connaître mère Marie-Rose et avait une grande dévotion envers elle. Dès qu’elle fut informée de la gravité de l’accident, elle se dit que mère Marie-Rose pourrait peut-être faire quelque chose pour Monsieur Modzel et elle s’empressa de chercher une relique de mère Marie-Rose et aussi des prières pour obtenir cette guérison. Dans l’annuaire du téléphone, elle trouve l’adresse de notre couvent de Saint-Joachim. Arrivée à l’hôpital, elle n’a pas la permission de voir le malade ; elle laisse alors la relique au bureau de l’aumônier, absent à ce moment-là, avec une note le suppliant de remettre la relique à Monsieur Modzel. À son retour, le R. Père Daniel Dougherty, homme d’une foi profonde et qui savait combien le cas était grave, va porter la relique à Monsieur Modzel.

Le lendemain matin, le chirurgien vient rendre visite à son patient et constate avec étonnement que son état est maintenant très bon. La situation continue de s’améliorer à tel point qu’après deux semaines Monsieur Modzel quitte l’hôpital et que deux mois plus tard, il reprend son travail dans la même compagnie.

Monsieur Modzel n’eut jamais à souffrir des suites de cet accident. Il mourut environ vingt-trois ans plus tard d’un cancer au cerveau.

Mlle Rose Marie Schnell devient religieuse de la Congrégation du Très Saint Rédempteur.

Validité d'un miracle pour l'église

Un miracle est accepté si la guérison est instantanée. On doit s’assurer qu’il n’existe aucun remède connu et confirmer qu’il n’y a eu aucun traitement donné. Il est nécessaire également que les prières d’intercession aient été adressées à la personne sainte et que les docteurs ne puissent expliquer la guérison.

Principales étapes du processus

Procès ordinaire de la béatification de Mère Marie-Rose Durocher
Date Étapes Détails
1927 I. Introduction de la cause par  
1927 1. Postulateur à Rome Postulateur réside à Rome
1927 2. Vicepostulateur à Montréal  
9 novembre 1927 II. 1èreEnquête diocésaine ouverte à Montréal, par Monseigneur Paul Bruchési, archevêque de Montréal Elle est désignée sous le vocable de servante de Dieu
8 août 1927 Ouverture du procès à Rome  
22 février 1933 Approbation des 10 témoignages, à Montréal La copie publique envoyée à Rome inclut une biographie et les témoignages
1932-1966 1. Recherche des écrits de mère Marie-Rose 34 ans de recherche de documents d’archives amassés partout au Québec par deux archivistes SNJM
  2. Enquête sur :  
  i. Vetus  
  ii. Cause des miracles  
1965 3. Procès pour le non-culte public Pas de représentation de MMR (statue, peinture) dans les lieux de culte et pas de cérémonie en son honneur
  III. 2e enquête par la Sacrée-Congrégation des Rites à Rome Section historique puisqu’il n’y aucun témoin contemporain
1951-1966 1. Révision des écrits 30 novembre 1966 : Approbation des écrits
  2. Discussions sur la 1ère enquête  
  3. Discussion de non-culte public Document envoyé à Rome en 1968
7 novembre 1972 Cause introduite à Rome Le pape Paul VI signale la cause valable et utile à la chrétienté
16 février 1973 Décret confirmant le non-culte public Émis à Rome
  IV. Procès apostolique à Montréal et à Rome  
  1. Décret pontifical et procès apostolique à Montréal  
1974 i. Vertus  
Windsor : 1972 ii. Miracles Procès du miracle à Windsor en 1972
  2. À Rome : examen des  
  i. Procès  
  ii. 1ère enquête  
Rome : 13 juillet 1979 3. Héroïcité des vertus : décret du souverain pontife Mère Marie-Rose est désignée sous le vocable de vénérable
8 janvier 1981 4. Reconnaissance du miracle par deux médecins experts et une commission de sept médecins  
Janvier 1982 Décret du Souverain pontife Le Pape Jean-Paul II confirme la reconnaissance du miracle
23 mai 1982 Le pape Jean-Paul II désigne mère Marie-Rose sous le vocable de bienheureuse Marie-Rose Durocher
Procès ordinaire de la canonisation de Mère Marie-Rose Durocher
À venir I. Canonisation à Rome  
  1. Examen des procès précédents  
  2. Étude d’un second miracle depuis la béatification  
  i. À Montréal  
  ii. À Rome  
  3. Décret papal annonçant la canonisation future  
  4. Déclaration SOLENNELLE et INFAILLIBLE du Souverain Pontife