« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Entre l’âge de 5 et 17 ans, l’actrice et cinéaste Micheline Lanctôt a fréquenté, à Montréal, différentes écoles dirigées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

La grande dame du 7ᵉ art québécois, qui a tenu environ 70 rôles au petit et au grand écran, en plus d’avoir réalisé près de 15 films (fictions, documentaires), est consciente de la grande influence qu’ont eue les SNJM sur son éducation, son goût pour le travail rigoureux et son désir de s’accomplir. Aujourd’hui, elle porte un regard reconnaissant sur la congrégation qui l’a vue grandir.


Micheline Lanctôt perçoit les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie comme des esprits avant-gardistes. Elle affirme que dans les années 1950-1960, « il fallait avoir une grande foi dans l’éducation des femmes pour faire ce que ces communautés-là [les congrégations religieuses] ont fait. Particulièrement les SNJM. »

Selon la cinéaste, les Sœurs SNJM avaient une idée très noble de l’éducation. À l’époque, la congrégation exigeait que toutes les sœurs améliorent leurs compétences nécessaires à l’éducation des élèves.

Madame Lanctôt se rappelle avec admiration d’une professeure, sœur Marie-Natalie, qui avait « un grand talent pour la musique et qui était diplômée jusqu’aux oreilles! ». Au Collège Jésus-Marie d’Outremont, où elle a étudié, l’ancienne élève des SNJM se souvient aussi d’une directrice d’études qui avait trois doctorats. « Quand elle passait dans les corridors, on était impressionnées. Elle avait un doctorat en théologie, en sociologie et en philosophie. »  L’un des films de la cinéaste, Pour l’amour de Dieu, se veut un hommage aux religieuses qui l’ont formée et un hommage plus particulier à sœur Marie-Olivier, une professeure de 7e année qui l’a marquée : « elle avait des moyens pédagogiques qui étaient bien en avance sur son temps ».

L’actrice et cinéaste explique par ailleurs que l’enseignement des congrégations de sœurs du Québec comportait un « volet culturel ». Et c’était particulièrement vrai chez les SNJM qui avaient mis sur pied l’École de musique Vincent-d’Indy, « considérée à l’époque comme une des meilleures écoles en Amérique du Nord, sinon la meilleure », souligne Madame Lanctôt.

Elle se souvient également d’avoir monté des pièces de théâtre et d’avoir notamment joué dans Le Malentendu de Camus, à l’âge de 15 ans, ainsi que dans L’Annonce faite à Marie de Claudel, à 16 ans. Ces expériences l’ont beaucoup marquée, tout comme les projections de films que les sœurs organisaient régulièrement et qui lui ont donné une grande ouverture sur le monde.

Au sujet des SNJM, Madame Lanctôt dit qu’elle leur doit tout : « Je leur dois mon travail en culture. Je leur dois mon intérêt pour la culture, je leur dois ma passion pour la musique, je leur dois plus ou moins ma carrière d’actrice. »

L’artiste se demande, avec le recul des années, s’il serait possible maintenant, au Québec, de créer une formation pédagogique équivalente à celle fournie par les Sœurs SNJM, à l’époque du cours classique. Aujourd’hui, dit-elle, « on forme des élèves pour le marché. Alors que dans les humanités, dans le cours classique, on formait les gens pour la connaissance, pour le savoir. C’est très différent comme objectif. »

En conclusion, Micheline Lanctôt souhaite que le système d’éducation puisse outiller les jeunes le mieux possible pour faire face à un monde qui, selon elle, les angoisse. Elle souhaite aussi que les élèves, dès le plus jeune âge, apprennent à penser par eux-mêmes, afin de développer leur sens critique au sujet de la société dans laquelle ils ou elles évoluent.

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Sœur Cynthia Canning, SNJM, est présidente du conseil d’administration des Holy Names Educational Ministries et une ancienne enseignante et directrice de la Holy Names High School. Elle est également une ancienne élève de l’établissement.

Fondée en 1868, la Holy Names High School est une école catholique pour jeunes femmes située à Oakland, en Californie. Elle propose un enseignement préparatoire à l’université, exigeant sur le plan académique, dans un environnement d’apprentissage dynamique qui nourrit la spiritualité, encourage l’expression artistique et promeut la justice.

1868 : Le courageux voyage des pionnières

Que pouvez-vous nous dire sur l’histoire de la Holy Names High School ?

C’est une très longue histoire. Elle remonte à 1868, soit 25 ans après la fondation de notre communauté au Québec (Canada) par la bienheureuse Marie-Rose. Au milieu des années 1860, l’archevêque Alemany de San Francisco a fait appel à notre communauté, demandant à des sœurs de venir dans la ville. Après un voyage très long et ardu (elles ont pris un bateau le long de la côte Est, puis un train pour traverser le canal de Panama, et enfin un autre bateau jusqu’à San Francisco) six jeunes sœurs, parlant le français pour la plupart, sont arrivées en 1868.

Elles ont été accueillies par les Sœurs de la Miséricorde qui leur ont servi des fraises, ce qui était très spécial pour ces sœurs venues du Québec où les fraises n’étaient habituellement disponibles qu’à partir de la fin juin. Ce fut le début du « Jour de la Fraise », célébré chaque 10 mai, jour où les premières Sœurs SNJM ont débarqué à San Francisco. Cette journée est célébrée dans toutes nos œuvres, avec des fraises, de la crème glacée à la fraise ou du « shortcake » aux fraises.

Comment sommes-nous arrivées à Oakland? J’ai cru comprendre que l’archidiocèse de San Francisco n’était pas tout à fait prêt à notre arrivée. Cependant, le père Michael King, curé à Oakland, voulait vraiment une école et nous a invitées à la créer. La légende raconte, bien que je ne sois pas sûre de ce qui est strictement vrai, que le père King a vendu son cheval et son manteau pour acheter du bois de charpente, et a commencé à creuser le sol sur une propriété appartenant à l’église, près du lac Merritt. Avec l’aide d’autres personnes, ils ont construit un couvent qui a servi de premier emplacement pour l’école, alors appelée le Convent of Our Lady of the Sacred Heart. En 1930, le campus est devenu surpeuplé avec l’ajout de divisions d’études supérieures.

1931 : Établissement du campus actuel

En 1931, la division du lycée a déménagé sur notre campus actuel*. Bien qu’un pasteur local ait encouragé ce déménagement dans l’espoir que d’autres paroisses soutiendraient financièrement ce qu’il voulait appeler la « Holy Names Central High School », ce soutien ne s’est pas concrétisé comme prévu.

Dès le début, nos sœurs ont donc fait face à des défis financiers. Mais elles étaient courageuses et intelligentes, et elles ont réussi. Ce campus reste un symbole ; cela n’a jamais été financièrement facile, mais nous avons toujours réussi à avancer et à continuer de servir grâce à la créativité et à un soutien formidable. Nous avons également toujours fourni un soutien financier important aux jeunes femmes qui, autrement, ne pourraient peut-être pas vivre tout ce que représente la Holy Names High School. J’ai d’ailleurs moi-même été l’une de ces étudiantes boursières.

Un miroir de la diversité d’Oakland

Vous étiez élève à Holy Names. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

J’ai obtenu mon diplôme il y a 65 ans, en 1961, et tellement de choses ont changé. Quand j’étais élève, la plupart des membres du corps enseignant et de l’administration étaient des sœurs. Les élèves étaient presque exclusivement caucasiennes. Aujourd’hui, les choses ont évolué pour refléter la belle diversité d’Oakland. C’est la communauté scolaire la plus diversifiée que parrainent les Holy Names Educational Ministries. Elle est actuellement composée de 11 % d’asiatiques, 26 % d’afrodescendants, 25 % d’hispaniques et 17 % de caucasiens.

Cette diversité est célébrée de manière à permettre aux élèves d’apprendre à connaître et à valoriser les cultures des unes et des autres, sans jamais considérer une personne comme supérieure ou inférieure à une autre; c’est un message dont notre monde a besoin. Notre corps professoral et notre personnel sont également les plus diversifiés de notre réseau, ce qui est vital, car lorsque les élèves se reconnaissent à travers leurs enseignants, elles peuvent s’imaginer occuper ces mêmes rôles.

Transformer l’avenir

Pensez-vous que la Holy Names High School fait une différence dans sa communauté ?

Je pense que oui. Nous formons des jeunes femmes de divers horizons qui sont déjà des leaders et qui continueront de l’être. Elles possèdent une boussole morale et sont soutenues par la foi; même pour celles d’autres confessions, qui sont ici très respectées, elles sont encouragées à vivre selon leurs valeurs. Elles arrivent à l’école comme étant des jeunes filles et en ressortent comme étant de puissantes jeunes femmes qui croient en leur potentiel pour faire le bien. De plus, environ 80 % de nos élèves reçoivent une aide financière en fonction de leurs besoins, ce qui, à mon avis, est une question de justice et cela change notre monde.

Il est remarquable que l’équipe d’accréditation qui a visité l’école cette année, après deux ans de préparation, ait décrit l’école comme étant en « osmose » avec sa mission. Elle est dans les murs de l’école. Les élèves l’expérimentent dans la façon dont leurs enseignants et le personnel se comportent et interagissent avec elles et entre eux, et dans la façon dont l’école est dirigée.

Diriez-vous « mission accomplie » concernant les objectifs des premières sœurs arrivées ici dans les années 1860 ?

Oh, absolument! Oui, je dirais mission accomplie, et continuons d’avancer ! Les responsables et le corps enseignant ici embrassent le charisme et les valeurs fondamentales des Sœurs SNJM. Ils ne le font pas simplement comme un travail ; ils incarnent, enseignent et soutiennent ces valeurs. C’est ancré dans cette école, et j’en suis très, très fière.

Quels sont vos espoirs pour l’avenir de la Holy Names High School?

J’espère qu’elle continuera de prospérer et restera totalement engagée envers les valeurs que nous défendons, comme elle l’a été durant toutes ces années. Je crois qu’elle le fera, grâce aux personnes en place et au travail que les Holy Names Educational Ministries accomplissent pour garantir que cela se poursuive dans le futur.

*Le campus actuel de la Holy Names High School est situé au 4660 Harbord Drive, Oakland, CA.

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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En 2003, sœur Mary Rita Rohdesnjm, de la province U.S.-Ontario, a fondé Nuestra Casa Aujourd’hui, grâce à l’éducation, à la sensibilisation et au soutien mutuel, Nuestra Casa donne aux personnes immigrantes les moyens d’apporter des changements positifs dans leur milieu en enrichissant leur propre vie et en contribuant au bien-être de leur famille et de leur communauté. 

Qu’est-ce qui vous a inspirée à fonder Nuestra Casa? 

En 2002, je suis revenue dans la vallée de Yakima, dans l’État de Washington, après avoir servi pendant cinq ans au sein de l’Équipe de leadership de la congrégation à Longueuil au Québec. Comme j’avais travaillé à l’Université Heritage dans la vallée de Yakima avant mon séjour au Québec, je savais qu’il y avait des besoins non satisfaits au sein de la population diversifiée de la vallée. 

J’ai donc interrogé 80 personnes ressources (enseignants, travailleurs sociaux, agents de pastorale, etc.) en leur posant une seule question : « Quel est le plus grand besoin non satisfait chez les femmes et les enfants à faible revenu dans la basse vallée de Yakima? ». J’ai partagé les résultats de ces entretiens avec les sœurs et personnes associées de notre communauté locale, et je les ai invitées à se réunir pour discerner vers quel ministère j’étais appelée. 

Au fil de nos échanges, il est devenu évident que le groupe le plus mal desservi et le plus vulnérable dans la vallée était celui des femmes immigrantes d’Amérique latine. Sœur Margaret Downey, l’aînée des sept sœurs présentes, a dit : « Ma Sœur, vous êtes une éducatrice dans l’âme, vous devez faire quelque chose pour l’éducation des femmes immigrantes. » Tout le monde était d’accord! C’est ainsi qu’est née l’idée de fonder un organisme à but non lucratif axé sur l’éducation et l’autonomisation des femmes immigrantes. 

Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez fait face lors de la création de Nuestra Casa ? 

Il peut être intimidant de mettre sur pied un nouvel organisme, mais de nombreux collègues et amis compétents ont rendu cela possible. J’ai eu la chance de connaître un avocat qui maîtrisait les démarches administratives nécessaires. Il n’a pas été difficile de recruter des membres pour le conseil d’administration, mais bien sûr, nous avions besoin de fonds. Comme j’avais acquis de l’expérience dans la collecte de fonds à l’Université Heritage, je savais comment m’y prendre, mais je savais que cela prendrait du temps. 

J’ai donc demandé à l’Équipe de leadership provinciale SNJM de Washington si elle accepterait d’assurer le financement complet de Nuestra Casa pendant sa première année d’existence, puis de couvrir la moitié du budget pour la deuxième année, ce qu’elle a accepté de faire. Notre équipe se composait de moi-même et de deux personnes à mi-temps et nous pouvions utiliser les locaux de l’église catholique de Sunnyside, de sorte que notre budget était modeste. Bien que Nuestra Casa soit un organisme indépendant, sa fondation n’aurait pas été possible sans l’aide des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie! 

Comme les besoins étaient nombreux au sein de la communauté immigrante, nous avons rapidement commencé à collaborer avec d’autres organismes et églises. Nous avons invité un policier à enseigner, en espagnol, les connaissances nécessaires pour réussir l’examen théorique du permis de conduire. Notre première cohorte comptait 45 participantes et participants, ce qui n’était pas surprenant, puisqu’il n’y a pas de transport en commun dans la vallée et que la plupart des personnes immigrantes doivent conduire pour se rendre au travail dans les champs et les vergers. Avec l’appui de deux services de police, nous avons ainsi aidé des centaines de personnes à obtenir leur permis! Notre réseau de collaborations s’est par la suite élargi à cinq églises, au collège communautaire local et à trois districts scolaires publics afin d’offrir des cours d’anglais, ainsi qu’à des cliniques de santé et à l’hôpital local pour proposer des ateliers sur la santé. 

De quelle manière la philosophie des SNJM se reflète-t-elle dans les initiatives de Nuestra Casa ? 

Bien que Nuestra Casa ait été fondée pour contribuer à l’éducation et à l’autonomisation des femmes immigrantes, les hommes sont également les bienvenus. L’importance accordée à l’hospitalité, l’une des valeurs des SNJM, est perceptible dès que l’on entre dans le bâtiment. Les personnes immigrantes sont accueillies avec joie, et on leur demande comment Nuestra Casa peut les aider. 

Pour les SNJM, l’éducation va bien au-delà de sa dimension académique. À Nuestra Casa, le plein épanouissement de la personne se traduit par une grande variété de services, y compris des célébrations. Les cours et les événements favorisent un fort sentiment de communauté et d’appartenance. Le souci de la protection de la Terre et de l’environnement se manifeste par différents ateliers et par une attention particulière à limiter l’utilisation de plastique. Les « Cercles de justice pour les femmes », parrainés par l’IPJC, ont également permis d’aborder des enjeux de justice à l’échelle locale et étatique. 

Quatre sœurs SNJM ont siégé au conseil d’administration à divers moments, et trois sœurs ont fait partie du personnel pendant quelques années. Des personnes associées SNJM ont également pris part à l’aventure, que ce soit à la direction générale ou comme membres du personnel ou du conseil d’administration. Notre esprit et nos valeurs ont profondément imprégné ce ministère. 

De quoi êtes-vous la plus fière concernant cette organisation? 

Ce dont je suis la plus fière, c’est que Nuestra Casa est dirigée par des femmes immigrantes. (Bien que j’enseigne l’anglais à titre bénévole, je n’exerce aucune autre responsabilité officielle chez Nuestra Casa.) La croissance et l’expansion des services reposent sur une équipe de direction très compétente, composée uniquement de femmes immigrantes. Sur les onze membres du personnel régulier, dix sont des femmes immigrantes. 

L’un des programmes les plus marquants qu’elles ont développés est le programme complet de citoyenneté. Trois membres du personnel ont été formés et certifiés par le ministère de la Justice des États-Unis pour aider les personnes immigrantes dans les démarches juridiques liées à leur demande de citoyenneté, leur évitant ainsi de payer des frais juridiques pouvant varier entre 2 000 $ et 10 000 $. Ce programme comprend des cours de citoyenneté ainsi qu’un accompagnement individualisé pour les 60 personnes qui terminent chaque année ce processus ardu. Chaque année, Nuestra Casa soutient environ 1 500 familles; pour appuyer sa mission, l’organisme est en voie d’acquérir le bâtiment qui accueille ses activités. 

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Sœur Joanne Pundyk, snjm, œuvre au Brésil depuis 1987. Elle est l’une des cinq sœurs de la congrégation des SNJM ayant fondé le Centro Social Madre Maria Rosa. Situé dans la ville de Maceió, le centre dessert la communauté en offrant des programmes éducatifs et récréatifs pour les enfants et les adolescents (âgés de 7 à 14 ans), des cours d’artisanat ainsi que des initiatives d’alphabétisation pour adultes.

La mission du centre consiste à donner les moyens d’agir aux personnes en situation de vulnérabilité par le biais du développement intégral, de la solidarité active et d’un plaidoyer visant à transformer les systèmes injustes pour garantir la dignité humaine. Cette mission englobe également le soutien aux personnes touchées par la traite des personnes, un enjeu majeur dans la région.

D’un point de vue brésilien, comment décririez-vous la situation actuelle de la traite des personnes ?

Le problème de la traite des personnes demeure un fléau qui porte atteinte aux valeurs humaines et spirituelles du peuple brésilien. Il se manifeste aux niveaux local, national et international. Ce phénomène est directement lié à l’appauvrissement, aux inégalités de genre et au mépris total de la dignité humaine. Un pourcentage important de personnes prises dans les filets de la traite provient des régions du nord et du nord-est du pays — les zones qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans la précarité.

Sur une note plus positive, il existe un plan national du gouvernement fédéral, qui en est à sa quatrième édition, pour lutter contre la traite des personnes et inciter la population à signaler les situations de traite. Des réseaux de la société civile, tels que Rede Um Grito Pela Vida, participent directement aux efforts de prévention et d’éradication de ce phénomène.

En ce qui concerne les efforts pour contrer la traite des personnes, quelle est selon vous la principale réussite du Centro Social Madre Maria Rosa ?

Le Centro Social Madre Maria Rosa — situé à Maceió, sur la côte nord-est du Brésil, une ville qui accueille près d’un million de touristes par an — est un refuge sûr pour les enfants, les adolescents et les femmes vivant à la périphérie de la ville. En matière de traite, nous avons réussi à sensibiliser la population à la nature de ce crime, son mode de fonctionnement, ses conséquences et notre responsabilité de signaler les cas suspects. L’éducation est un élément vital de la prévention, et la prévention sauve des vies.

Quelle a été votre plus grande source de satisfaction après toutes ces années consacrées à aider les jeunes ? Qu’est-ce qui vous pousse à poursuivre votre mission au Brésil ?

Je suis heureuse que, grâce à une équipe de personnes dévouées, nous ayons pu offrir un lieu sûr aux enfants, aux femmes et à leurs familles pour reconnaître leur dignité, développer leurs talents et assumer leur rôle dans leur communauté. Les gens savent que nous sommes là pour eux ; ils deviennent ainsi des « multiplicateurs » de ce qu’ils ont appris au centre.

Je continue de vivre ma mission au Brésil parce que j’y suis appelée ; c’est une vocation. Je ressens beaucoup de bonheur et de paix à faire partie d’un groupe de personnes qui sont des signes d’espoir face aux défis et aux obstacles auxquels nous faisons face. L’amour et la résilience de mère Marie-Rose sont pour moi une source d’inspiration constante.

 

 

 

 

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Au Canada, près de 1 700 000 personnes[i] ont affirmé avoir déjà vécu un état d’itinérance par le passé. Au Québec, ce sont environ 330 000 personnes[ii] qui ont traversé cette épreuve. De ce nombre, 37 400 femmes ont vécu un épisode d’itinérance visible, c’est-à-dire qu’elles ont dû élire domicile dans une rue, un parc, une voiture ou dans un abri de fortune.

Récemment, La Presse nous apprenait qu’en 2025 « sept refuges d’urgence pour femmes sans-abri à Montréal », métropole du Québec, « ont comptabilisé plus de 41 000 refus d’hébergement, faute de place. »

Dans ce contexte, un organisme comme La rue des Femmes, qui « assure aux femmes en état d’itinérance ou à risque d’y sombrer des soins curatifs et préventifs en santé relationnelle », est essentiel

La directrice générale adjointe de La rue des Femmes, Louise Waridel, a répondu à nos questions pour nous éclairer sur le sujet brûlant d’actualité qu’est l’itinérance au féminin. Notons au passage que cet organisme fait partie des ministères collaboratifs des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

Avez-vous constaté une amélioration ou une fragilisation de la condition des femmes au cours des dernières années?

Je travaille en itinérance et vis à Montréal depuis les 20 dernières années. Et c’est indéniable, on observe une augmentation dramatique des personnes en état d’itinérance et une grande fragilisation de la condition des femmes. Leur réalité s’est complexifiée, intensifiée et, dans bien des cas, alourdie.

Il serait cependant injuste de dire qu’aucune amélioration n’a eu lieu au cours des dernières années. Il y a davantage de reconnaissance publique de la réalité des femmes en état d’itinérance, plus de recherches à leur sujet, plus de discours sur une approche sensible aux traumatismes.

Toutefois, sur le terrain, les besoins augmentent plus rapidement que les ressources. Les équipes s’épuisent, les listes d’attente s’allongent et les solutions structurelles tardent à se concrétiser. Lorsque les ressources sont plus rares, nous oublions les personnes en situation de précarité, nous oublions notre intention d’être une collectivité aux valeurs d’accueil, de démocratie et d’ouverture sur le monde.

En temps de crise, les personnes qui se retrouvent le plus rapidement dans des situations de précarité, d’adversité, celles qui vivent des histoires d’horreurs, ce sont les femmes, les personnes racisées, les personnes autochtones, les personnes de diverses identités de genre, les personnes qui sont malades physiquement, psychologiquement ou d’un point de vue relationnel.

Pourquoi parle-t-on d’invisibilité de l’itinérance chez les femmes?

On parle d’invisibilité de l’itinérance chez les femmes parce que leur réalité correspond moins à l’image que l’on se fait de l’itinérance. Lorsqu’on imagine une personne en état d’itinérance, on pense souvent à quelqu’un qui dort dans la rue, visible dans l’espace public. Pour beaucoup de femmes, ce n’est pas ça, car elles vivent une itinérance dite « cachée » ou « invisible ».

Plutôt que de dormir dehors, certaines femmes vont choisir le sofa d’un proche, d’une connaissance, d’un partenaire, et vont même accepter des situations précaires pour éviter la rue. Elles peuvent demeurer temporairement chez quelqu’un en échange de services domestiques, d’une contribution financière ou, parfois, sous pression. Cette approche leur permet d’éviter certains dangers immédiats de la rue, mais elle crée des rapports de pouvoir inégaux, ce qui amène des femmes à être exploitées.

Les femmes développent aussi des stratégies de protection pour ne pas être identifiées comme étant des « itinérantes ». Elles peuvent faire de grands efforts pour maintenir une apparence soignée, continuer de fréquenter un emploi ou un milieu communautaire, et dissimuler leur instabilité résidentielle. Cette capacité d’adaptation contribue à leur invisibilité. La peur de la violence joue aussi un rôle central dans le développement de stratégies.

Pourquoi les itinérantes sont-elles plus susceptibles de vivre de la violence?

Les femmes en état d’itinérance évoluent dans un environnement marqué par l’instabilité, l’insécurité et la violence sous différentes formes (physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et systémique). Et dans un contexte où les ressources sont limitées et où chacun lutte pour répondre à ses besoins de base — se nourrir, se loger, se protéger — les tensions peuvent rapidement se transformer en violence.

Vivre dans la rue devient donc pour elles une question de survie, au quotidien…

La consommation de « substances » constitue également un facteur aggravant. Le cycle de la dépendance, combiné au manque de sommeil, à la malnutrition et au stress constant, peut altérer le jugement et augmenter les comportements impulsifs, tant chez les femmes que chez les personnes qui les entourent. Les contextes liés à l’achat, à la vente ou à l’échange de substances exposent particulièrement les femmes à l’exploitation, à la coercition et aux agressions.

Les femmes sont par ailleurs souvent perçues comme étant vulnérables physiquement, ce qui peut en faire des cibles privilégiées pour les agresseurs. Certaines peuvent être contraintes d’échanger des services sexuels contre un endroit où dormir, de la nourriture ou une protection, ce qui les place dans des dynamiques de pouvoir profondément inégalitaires.

À cela s’ajoutent les violences systémiques. Les institutions sociales, judiciaires et médicales ne sont pas toujours adaptées aux réalités des femmes itinérantes. Elles peuvent faire face à du jugement, à de la stigmatisation ou à un manque de compréhension. Les préjugés véhiculés à leur égard — qu’elles seraient responsables de leur situation, instables ou non crédibles — contribuent à les marginaliser davantage et à limiter leur accès à de la protection et à un soutien.

En résumé, les femmes en état d’itinérance sont davantage exposées à la violence en raison d’un enchevêtrement de facteurs individuels, sociaux et structurels. Leur vulnérabilité ne relève pas d’une faiblesse personnelle, mais bien d’un contexte marqué par des inégalités de genre, des traumatismes cumulés et un manque de protection adéquate.

Pourquoi est-ce si difficile pour ces femmes d’obtenir un logement?

La situation actuelle est complexe. La pénurie de logements abordables, la hausse constante des loyers et la forte demande placent les propriétaires en position de force, car ils peuvent se montrer beaucoup plus sélectifs quand vient le temps de choisir des locataires.  Dans ce contexte, les femmes vivant de l’aide sociale ou sans emploi stable, et sans références récentes de la part de propriétaires se trouvent souvent écartées. Les préjugés liés à l’itinérance, à la santé mentale ou à la consommation de substances accentuent encore plus ce phénomène d’exclusion.

Paradoxalement, lorsqu’on parle d’itinérance, le plus grand défi n’est pas seulement de trouver un logement, mais aussi de le garder… Si on saute des étapes, on risque de mettre à nouveau ces personnes dans des situations d’échecs et donc de les rendre encore plus vulnérables.

Lorsque la santé d’une personne est tellement dégradée que les déplacements à l’extérieur, faire la cuisine et prendre soin de son hygiène personnelle représentent des montagnes à escalader, elle n’arrive pas à garder son logement. Lorsque les traumatismes de violence passés font en sorte que la noirceur de la nuit, les bruits et la solitude vécue dans un logement sont angoissants, il ne faut que quelques semaines pour qu’une personne retourne à la rue…

La presque totalité des femmes qui arrivent à La rue des Femmes ont vécues des traumatismes, face à des structures et des systèmes déshumanisants. Elles ont donc perdu confiance en elle-même et en l’autre. C’est pourquoi à La rue des Femmes, on parle de santé relationnelle. La santé relationnelle c’est cette capacité d’être en lien avec soi et avec l’autre. Lorsque quelque chose en soi s’est brisé, il faut prendre le temps de se reconstruire avant de percevoir que l’on peut revenir à la vie.

C’est pourquoi la solution ne peut pas se limiter à l’obtention d’un logement. Il faut tout d’abord proposer un milieu sécuritaire où un travail de guérison peut s’amorcer. Il faut un ou des espaces où les traumatismes sont reconnus, où l’accompagnement est continu, et où les femmes peuvent réfléchir au type d’environnement qui leur conviendrait réellement.

Le logement durable passe par l’écoute, le soutien psychosocial et la reconstruction graduelle de l’autonomie. Et parfois, les réponses qu’elles donnent quant à leurs besoins ne correspondent pas aux modèles traditionnels que l’on imagine — ce qui nous oblige à repenser nos approches et à adapter nos solutions.

[i] Statistique Canada, 2023

[ii]Gouvernement du Québec, 2021

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Sœur Karen Conlin, snjm, a consacré quarante-cinq ans à l’enseignement de la musique au Holy Names Music Center (HNMC). Elle met ses compétences de pédagogue et de violoncelliste professionnelle au service de la paix, de la dignité et de l’espoir. Elle joue occasionnellement du violoncelle avec d’autres musiciens lors de mariages, de funérailles et d’autres événements spéciaux. Elle est actuellement membre de la province U.S.-Ontario.

L’héritage du Holy Names Music Center s’étend sur plus d’un siècle. En 1888, cinq Sœurs des Saints Noms sont arrivées à Spokane en provenance de Portland, en Oregon, pour ouvrir une école primaire ; des leçons de piano y étaient déjà dispensées avant la fin de cette première année.

Qu’est-ce qui rend le HNMC spécial ?

Le Holy Names Music Center se distingue par son environnement dynamique et collaboratif. J’apprécie profondément la chance que j’ai de travailler aux côtés d’un corps professoral aussi dévoué, où nous ne faisons pas que partager des techniques d’enseignement et des idées, mais où nous vivons aussi un véritable esprit de camaraderie à travers nos projets communs.

Le centre met à notre disposition des studios d’enseignement ainsi qu’une salle de récital pour les représentations. L’un des aspects les plus significatifs est sans doute le fait que l’école gère toute la facturation et la logistique financière avec les familles, ce qui nous permet de nous concentrer entièrement sur nos élèves. Je retire également une grande joie de la diversité de nos récitals — du piano aux cordes, en passant par le chant et la guitare — ainsi que du fait que nos installations accueillent des camps d’été, des cours de groupe et des espaces de répétition pour les orchestres locaux.

Comment les activités du HNMC s’inscrivent-elles dans la mission ou les objectifs éducatifs des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie ?

Notre travail prend racine dans l’héritage de Mère Marie-Rose, qui a fondé la communauté avec la conviction que l’éducation est une question de justice et de compassion — une éducation qui doit être accessible à tous les enfants, peu importe leur situation financière.

Nous croyons en l’éducation de la « personne humaine dans sa globalité », ce qui signifie nourrir l’âme et le sens de la beauté parallèlement aux matières académiques. Notre but est d’enrichir le parcours de chaque élève : alors que certains feront de la musique leur carrière, d’autres y trouveront un plaisir personnel tout au long de leur vie, et beaucoup deviendront des spectateurs avertis et passionnés. Pour garantir que cette mission demeure inclusive, nous offrons un généreux fonds de bourses d’études qui constitue l’une des pierres angulaires de notre communauté.

Quelle différence une telle organisation peut-elle faire dans la société ?

Le Holy Names Music Center agit comme un pilier de stabilité ; notre présence de longue date dans la région de Spokane témoigne de notre engagement envers la communauté. En offrant une éducation musicale pour un large éventail d’instruments et de styles — par des cours privés ou de groupe — nous constituons une ressource culturelle et éducative vitale qui enrichit la vie des résidents locaux.

Quels sont vos espoirs pour l’avenir du HNMC ?

Mon principal espoir est d’assurer la pérennité du Centre à long terme. Ce soutien nous permettra de mieux investir dans notre corps professoral et de garantir que nos installations demeurent un environnement d’apprentissage de haute qualité, préservant ainsi notre statut d’espace privilégié pour le développement musical pour les années à venir.

Suivez ce lien pour en apprendre davantage sur le Holy Names Music Center: hnmc.org

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Sœur Ana Maria est membre des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) depuis 1999. Elle fait actuellement partie de la province US-Ontario.

Talitha Kum est le réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes dont les SNJM font partie.

Sœur Ana Maria, depuis combien de temps êtes-vous engagée dans la lutte contre la traite des personnes et de quelles manières y contribuez-vous?

Bien que je n’occupe pas de fonction officielle au sein de la Congrégation des SNJM, ces dernières années, j’ai participé à la lutte contre la traite des personnes de différentes façons:

  • en tant que coordonnatrice nationale du Réseau Kawsay Pérou, depuis 2020;
  • en tant que membre de la Commission contre la traite des personnes de la CLAR (Confédération latino-américaine des religieux), depuis 2023;
  • en tant que coordonnatrice du Programme de formation des jeunes leaders contre la traite des personnes pour l’Amérique latine et les Caraïbes, depuis 2023.

Que signifie pour vous cette nomination à titre de représentante régionale de Talitha Kum? 

J’accepte d’agir à titre de représentante régionale de Talitha Kum pour l’Amérique latine et les Caraïbes avec une profonde gratitude et un grand sentiment de responsabilité. Je suis reconnaissante de la confiance qui m’est témoignée pour poursuivre cette mission partagée au service de la dignité humaine, en particulier pour les personnes les plus vulnérables à la traite et à l’exploitation.

Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie ont pris position contre la traite des personnes, dès 2004. Mon parcours au sein du Réseau Kawsay Pérou — que j’ai rejoint en 2016 et dont j’assume la coordination nationale depuis 2020 — a renforcé ma conviction quant à la valeur du travail en réseau et de l’action collective.

Je vois cette nomination comme une reconnaissance de ce chemin parcouru ensemble ainsi que de l’importance de l’appartenance à divers réseaux continentaux qui partagent une même mission.

Pensez-vous pouvoir apporter des changements ou contribuer à l’évolution de certains processus?

Mon engagement en tant que représentante régionale est d’écouter, d’articuler et de renforcer les processus existants dans les différents pays, en favorisant l’échange d’expériences, le leadership local et une vision régionale partagée qui réponde à nos défis.

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle et quels sont vos espoirs pour l’avenir?

L’Amérique latine et les Caraïbes font face à des défis structurels tels que la pauvreté, la violence, le crime organisé, le changement climatique et les migrations forcées, qui augmentent la vulnérabilité de nombreuses personnes. Dans ce contexte, je reconnais avec espérance la résilience et l’engagement des réseaux nationaux, ainsi que la participation active de jeunes leaders et de collaborateurs laïcs qui, aux côtés des sœurs, ouvrent des voies de prévention, de protection et de solidarité.

Talitha Kum, en tant que réseau international, nous invite à cheminer ensemble et à mettre en oeuvre des réponses intégrales allant de la prévention à la protection, en passant par le plaidoyer et l’accompagnement, dans une dynamique de collaboration, d’écoute et d’apprentissage mutuel entre les régions.

Je regarde l’avenir avec espérance et avec la certitude qu’en travaillant en réseau et en synodalité, nous pouvons continuer à promouvoir la liberté, la justice et la dignité de toutes les personnes. Je remercie sœur Abby et ma congrégation pour leur confiance et pour leurs encouragements à assumer ce nouveau service.

Je place ce service entre les mains de Dieu et de Mère Marie-Rose, dans l’espérance d’un monde libéré de la traite des personnes.

*Pour en apprendre davantage au sujet de Talitha Kum, suivez ce lien : www.talithakum.info.

 

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Voyage intercongrégation à Qacha’s Nek

Il est tellement enrichissant, de nos jours, de réaliser que dans le domaine de l’Évangile, il y a encore des gens qui sont déterminés à faire ce à quoi ils sont appelés. Le 18 mai 2025, de nombreux religieux et religieuses se sont rendus à Qacha’s Nek pour éveiller l’esprit des jeunes et les inviter à envisager une vocation religieuse. Qacha’s Nek se trouve à environ quatre heures de route de Maseru, à travers les montagnes, dans la partie sud du Lesotho. Treize sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie ont fait ce voyage en bus avec les autres religieux et religieuses. 

L’accueil réservé aux religieux a été extraordinaire ! Outre deux évêques, John Joale Tlhomola, S.C.P. (Mohales’ Hoek) et Joseph Sephamola O.M.I. (Qacha’s Nek), la cathédrale où s’est tenue la réunion était bondée de nombreux jeunes de différentes écoles et de chrétiens adultes. Après une messe inspirante et joyeuse, chaque communauté a présenté son charisme et les fondements de sa congrégation. Les jeunes se sont montrés très intéressés par la vie religieuse. Mgr Tlhomola a par ailleurs encouragé les religieux à se rendre plus souvent dans des endroits éloignés, comme Qacha’s Nek. Ces visites sont pour eux une occasion de rencontrer des jeunes et de leur en apprendre davantage sur la vie religieuse.


Pèlerinage synodal sur la violence sexiste et le vol

« Un véritable pèlerinage ne se mesure pas seulement à la distance parcourue, mais à la gentillesse partagée en chemin. »
Pape François

Le 18 avril 2025, trois églises se sont réunies à Peka, Sainte-Rose, pour prier contre la violence basée sur le genre qui semble prendre de l’ampleur dans cette région. Il s’agissait de la paroisse Sainte-Rose, de l’Église évangélique du Lesotho en Afrique australe et de l’Église anglicane du Lesotho. C’était très émouvant de voir que les gens et les églises étaient sur la même longueur d’onde, partageant la même vision des choses.

Un autre problème majeur que subit cette région est le vol de biens. Effectivement, certaines personnes semblent aimer prendre possession de ce qui appartient à d’autres qui ont durement travaillé pour l’obtenir. Malheureusement, beaucoup de gens ignorent ou refusent de faire face à ce phénomène. Cependant, à Peka, les gens se sont rassemblés et ont discuté de la manière de traiter ces problèmes. M. Tumelo Matsie, conseiller municipal de Peka, a déclaré : « Nous sommes actuellement confrontés à des difficultés, mais cela ne doit pas nous ébranler, car Dieu nous met à l’épreuve. Dieu veut simplement tester notre conscience. Sommes-nous prêts à faire ce qui est juste ou sommes-nous prêts à tester Dieu? Je pense que c’est un signal d’alarme qui nous incite à nous unir et à lutter contre ce qui se passe dans notre communauté. » (Les sœurs jouent un rôle clé dans la communauté de Peka et y sont très présentes. Le noviciat, la résidence de nos sœurs aînées, l’internat, le grand espace de réunion pour les rassemblements communautaires, l’école primaire Sainte-Rose et le centre de santé Sainte-Rose se trouvent à Peka).

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Soutien aux immigrants et aux réfugiés

Le Fonds SNJM pour les immigrants et les réfugiés a été créé en 2019 afin de soutenir les organisations qui viennent directement en aide aux personnes vivant hors de leur pays d’origine ou déplacées à l’intérieur de leur pays. Chaque année, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie établissent des partenariats avec des organisations afin de trouver des moyens efficaces de fournir des ressources aux immigrants et aux réfugiés.

Adelante Mujeres

« Adelante Mujeres », qui signifie « Les femmes se lèvent », a été fondée en Orégon en 2002 pour venir en aide aux communautés sous-représentées. Le premier programme d’éducation des adultes de l’organisation, dirigé par Bridget Cooke et Sœur Barbara Raymond, snjm, « a formé un groupe où elles pouvaient parler de ce qu’elles avaient toujours voulu faire, mais n’avaient jamais eu l’occasion de faire », a déclaré Sœur Barbara. C’est devenu un thème central du travail d’Adelante Mujeres : écouter les aspirations de femmes passionnées et mettre en place des programmes et des services pour soutenir leurs efforts.

Sœur Barbara Raymond, snjm, cofondatrice d’Adelante Mujeres

Environ 98 % des participantes aux programmes d’Adelante Mujeres ont des revenus faibles ou extrêmement faibles et environ 91 % d’entre elles sont des immigrées de première génération. Le programme et le magasin « Casa Qui » aident les entreprises détenues par des femmes latino-américaines à répondre aux exigences financières pour se lancer en affaires. Le programme « CHICAS », quant à lui, a aidé plus de 600 jeunes en 2024, en proposant des programmes après l’école, des sorties éducatives et des camps d’été.

L’aide financière des Sœurs SNJM soutient également les programmes de leadership et de défense des droits d’Adelante Mujeres, notamment « Immigration Academy », qui informe les participantes sur les politiques d’immigration qui touchent leurs communautés.

Grâce à l’éducation, l’entrepreneuriat et la défense des droits, Adelante Mujeres continue de créer des opportunités pour les femmes et les jeunes latino-américains, leur donnant les moyens de diriger et de façonner une communauté plus inclusive.

Ressources pour immigrants

« Immigrant Resources and Immediate Support » (IRIS) situé à Bellingham, Washington, fournit une aide immédiate aux immigrants et aux réfugiés qui traversent une période de crise temporaire. L’organisme s’efforce d’apporter une aide aux familles le plus rapidement possible, en réduisant les formalités administratives auxquelles les immigrants sont souvent confrontés pour obtenir des ressources. Sœur Susan Wells, membre de l’Équipe de leadership de la congrégation SNJM, est membre du conseil consultatif de l’IRIS. « L’IRIS est unique en ce sens que nous répondons très rapidement aux situations urgentes et offrons un accès facile aux services d’aide », a-t-elle déclaré.

Le support financier des Sœurs SNJM contribuera à soutenir ce travail essentiel, car l’IRIS joue un rôle important dans le réseau de services communautaires qui respectent la dignité humaine de tous les membres des communautés des comtés de Skagit et de Whatcom. Sœur Susan résume ainsi sa pensée : « L’investissement des Sœurs SNJM dans l’IRIS a eu un impact direct et considérable sur la vie de nombreux immigrants et réfugiés qui n’ont souvent personne vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. »

 

 

 

« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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La Maison Angela Rose, un ministère parrainé par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) à Windsor, en Ontario, sert de sanctuaire aux demandeurs d’asile en quête de sécurité, de stabilité et d’un nouveau départ. La maison, donnée en 2007 par les Sœurs Ursulines de Chatham, a ouvert ses portes aux réfugiés en février 2008. Nommée en l’honneur de la fondatrice des Ursulines, Sainte Angèle Merici, et de la fondatrice des SNJM, la Bienheureuse Marie-Rose Durocher, la maison commémore la vie de deux femmes nées à 350 ans d’intervalle et qui partageaient une même vision de compassion et d’hospitalité.

Cette maison de trois étages offre un hébergement temporaire à un maximum de 10 personnes à la fois. En 2022, les sœurs SNJM ont ouvert la Maison Oak. Cette maison supplémentaire de deux étages peut accueillir de 10 à 12 personnes et sert d’espace de transition pour les réfugiés prêts à s’intégrer dans la communauté et à acquérir leur autonomie.

Les réfugiés (familles et femmes seules) arrivent d’abord à la Maison Angela Rose et, une fois qu’ils ont rempli leur demande d’immigration et commencé à travailler, ils déménagent à la Maison Oak pour se préparer à leur réinstallation et à leur intégration dans la communauté de Windsor. Ilda Demir, qui est coordonnatrice des maisons depuis plus de sept ans, travaille directement avec les résidents, les installant et leur fournissant des ressources.

Resident Florence celebrates her Canadian citizenship.

Florence alors qu’elle célébrait l’obtention de sa citoyenneté canadienne.

L’impact des Maisons Angela Rose et Oak est évident dans les témoignages de leurs résidents. Florence, une ancienne résidente, a confié : « Quand je suis arrivée au Canada, j’ai été accueillie ici à la Maison Angela Rose. C’est ma maison depuis mon arrivée au Canada, et je remercie Dieu d’être maintenant citoyenne canadienne. J’ai été aidée pour tous mes besoins, aussi importants soient-ils. Vraiment, c’est un lieu d’espoir. »

Une autre résidente qui a emménagé à la Maison Oak en janvier 2024 a partagé un sentiment similaire : « Je suis tellement reconnaissante à Ilda de nous avoir amenées ici depuis les hôtels d’immigration, où je ne pouvais pas cuisiner et n’avais pas assez d’espace pour mes filles. Merci à Dieu d’avoir permis l’existence des Maisons Angela Rose et Oak. C’est une maison remplie d’amour, de paix et de rires. Une maison où l’on prend bien soin de vous, où les Sœurs s’assurent de votre sécurité. Une maison sans discrimination. Mon refuge. »

Outre l’offre de logements transitoires, le personnel de la Maison Angela Rose aide les réfugiés à s’installer, travaille avec eux pour comprendre et remplir le processus de demande d’asile, leur offre un soutien émotionnel, les accompagne pour inscrire les enfants à l’école et inscrire les adultes à des cours d’anglais langue seconde, les accompagne à des rendez-vous et les prépare à devenir autonome. Tous les services visent à faciliter les choses aux réfugiés pendant qu’ils s’installent dans leur foyer et s’intègrent dans leur communauté.

Depuis 2008, la Maison Angela Rose a accueilli plus de 360 réfugiés provenant de 43 pays. Aujourd’hui, 20 réfugiés, dont des enfants, résident dans les deux maisons et poursuivent leur projet de changement de vie au Canada.

De nombreux réfugiés qui sont passés par ces maisons maintiennent des liens entre eux, formant une communauté de soutien.

Les Maisons Angela Rose et Oak sont bien plus que des refuges. Elles sont un symbole porteur d’espoir, car elle transforme des vies en leur donnant un nouveau souffle.