« Je leur dois tout. » Le témoignage de Micheline Lanctôt, ancienne élève des SNJM

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Entre l’âge de 5 et 17 ans, l’actrice et cinéaste Micheline Lanctôt a fréquenté, à Montréal, différentes écoles dirigées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

La grande dame du 7ᵉ art québécois, qui a tenu environ 70 rôles au petit et au grand écran, en plus d’avoir réalisé près de 15 films (fictions, documentaires), est consciente de la grande influence qu’ont eue les SNJM sur son éducation, son goût pour le travail rigoureux et son désir de s’accomplir. Aujourd’hui, elle porte un regard reconnaissant sur la congrégation qui l’a vue grandir.


Micheline Lanctôt perçoit les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie comme des esprits avant-gardistes. Elle affirme que dans les années 1950-1960, « il fallait avoir une grande foi dans l’éducation des femmes pour faire ce que ces communautés-là [les congrégations religieuses] ont fait. Particulièrement les SNJM. »

Selon la cinéaste, les Sœurs SNJM avaient une idée très noble de l’éducation. À l’époque, la congrégation exigeait que toutes les sœurs améliorent leurs compétences nécessaires à l’éducation des élèves.

Madame Lanctôt se rappelle avec admiration d’une professeure, sœur Marie-Natalie, qui avait « un grand talent pour la musique et qui était diplômée jusqu’aux oreilles! ». Au Collège Jésus-Marie d’Outremont, où elle a étudié, l’ancienne élève des SNJM se souvient aussi d’une directrice d’études qui avait trois doctorats. « Quand elle passait dans les corridors, on était impressionnées. Elle avait un doctorat en théologie, en sociologie et en philosophie. »  L’un des films de la cinéaste, Pour l’amour de Dieu, se veut un hommage aux religieuses qui l’ont formée et un hommage plus particulier à sœur Marie-Olivier, une professeure de 7e année qui l’a marquée : « elle avait des moyens pédagogiques qui étaient bien en avance sur son temps ».

L’actrice et cinéaste explique par ailleurs que l’enseignement des congrégations de sœurs du Québec comportait un « volet culturel ». Et c’était particulièrement vrai chez les SNJM qui avaient mis sur pied l’École de musique Vincent-d’Indy, « considérée à l’époque comme une des meilleures écoles en Amérique du Nord, sinon la meilleure », souligne Madame Lanctôt.

Elle se souvient également d’avoir monté des pièces de théâtre et d’avoir notamment joué dans Le Malentendu de Camus, à l’âge de 15 ans, ainsi que dans L’Annonce faite à Marie de Claudel, à 16 ans. Ces expériences l’ont beaucoup marquée, tout comme les projections de films que les sœurs organisaient régulièrement et qui lui ont donné une grande ouverture sur le monde.

Au sujet des SNJM, Madame Lanctôt dit qu’elle leur doit tout : « Je leur dois mon travail en culture. Je leur dois mon intérêt pour la culture, je leur dois ma passion pour la musique, je leur dois plus ou moins ma carrière d’actrice. »

L’artiste se demande, avec le recul des années, s’il serait possible maintenant, au Québec, de créer une formation pédagogique équivalente à celle fournie par les Sœurs SNJM, à l’époque du cours classique. Aujourd’hui, dit-elle, « on forme des élèves pour le marché. Alors que dans les humanités, dans le cours classique, on formait les gens pour la connaissance, pour le savoir. C’est très différent comme objectif. »

En conclusion, Micheline Lanctôt souhaite que le système d’éducation puisse outiller les jeunes le mieux possible pour faire face à un monde qui, selon elle, les angoisse. Elle souhaite aussi que les élèves, dès le plus jeune âge, apprennent à penser par eux-mêmes, afin de développer leur sens critique au sujet de la société dans laquelle ils ou elles évoluent.